L'histoire derrière la sauce "Manchamanteles" 1/3

L'histoire derrière la sauce "Manchamanteles" 1/3

Nouvelle-Espagne, 1660.

Le Mexique colonial vit sous la double autorité de l'Église et de la Couronne espagnole. Les femmes ne lisent pas. Elles ne pensent pas. Elles ne publient pas.

Juana Ramírez de Asbaje avait appris à lire à trois ans, en volant les leçons de sa sœur aînée.

À huit ans, elle suppliait sa mère de la laisser s'habiller en garçon pour entrer à l'université. Les femmes n'y avaient pas accès.

À dix-sept ans, elle éblouissait la cour du Vice-roi de Mexico. Quarante théologiens et philosophes avaient été réunis pour l'interroger — pour prouver que son savoir n'était que façade. Elle avait répondu à chacun. Elle avait tout lu : philosophie, théologie, mathématiques, musique, astronomie.

À vingt ans, elle entrait au couvent.

Pas par vocation religieuse. Par calcul lucide. C'était le seul endroit où une femme pouvait avoir une bibliothèque, du temps pour penser, et la paix pour écrire.

Le Convento de San Jerónimo à Mexico City allait devenir son laboratoire.